|
Les 9 et 10
janvier 2003 se sont réunis à Paris pas moins de 220 représentants de
151 organisations humanitaires, de bienfaisance et de droits de l’homme
de 65 pays. Cette conférence a vu aussi la participation d'experts
internationaux, d'observateurs d'organismes onusiens comme le
Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, de la
Commission européenne et d'organismes spécialisés de trois pays
européens
Les
allocutions et les débats ont porté sur les difficultés rencontrées par
l’action humanitaire depuis les évènements de 11 septembre 2001, suite
aux accusations d’appuie au terrorisme avec les conséquences que cela
comportent sur leurs activités comme le gel de leurs avoirs, la
surveillance et des poursuites judiciaire à travers le monde
Face à cette
situation déplorable, les participants affirment ce qui suit
1- Leur adhésion
totale aux dispositions intellectuelles et fonctionnelles du dialogue et
d’entente entre les civilisations, ainsi que leur refus de faire
l’amalgame entre les conflits politiques et le fait de provoquer ou de
parler de confrontation imminente entre les civilisations
Les participants
originaires des pays du Sud ont chaleureusement remercié les ONG
humanitaires du Nord et internationales qui ont appuyé leurs justes
causes, et ont appelé à l’intensification des échanges entre ONG de ces
deux régions de la planète, pour la défense de la dignité humaine, la
consolidation des valeurs des droits de l’homme et de la paix. Les
participants ont demandé à la Commission arabe des droits humains de
lancer une grande campagne de sensibilisation de l’opinion
internationale, notamment occidentale, sur l’existence dans les pays du
Sud de forces qui aspirent à la démocratie, au développement, à la
justice et à la paix
2-
Les participants ont observé avec une vive inquiétude les mesures
arbitraires prises à l’encontre de ces organisations dans un climat
d’étouffement des libertés individuelles et collectives, et d’atteinte
au droit à la vie et à l’intégrité physique et mentale partout dans le
monde, y compris dans les pays démocratiques. Ils ont relevé également
que ces lois répressives échappent à toute référence légale, et
s’opposent de plus en plus aux conventions internationales relatives aux
droits de l’homme et des peuples. Cela est entre autres illustré
par l’affaire des prisonniers de Guantanamo, qui ne jouissent d’aucune
protection juridique et internationale. Les participants ont souligné
les dangers de cette politique qui restreint la portée de l’action de
bienfaisance et humanitaire, et aggrave la situation déjà très difficile
des populations ayant besoin d’être soutenues. Ils ont évoqué les
souffrances du peuple palestinien et rejeté l’amalgame fait à dessein
entre la résistance à l’occupation et le terrorisme, et stigmatisé la
politique de punitions collectives, laquelle porte atteinte aux lois et
aux droits les plus élémentaires de l’être humain. Ils ont en outre
exigé l’activation des résolutions internationales qui exigent le droit
au retour des palestiniens dans leur pays et leur garantie de vivre
normalement, là où ils se trouvent.
3-Les
participants ont souligné leur refus de la guerre annoncée contre les
organisations de bienfaisance au nom de la lutte contre le terrorisme,
en exploitant les failles de la législation internationale concernant la
définition du terrorisme et des actions prohibées, et cela sans recours
aux lois, mais par des mesures administratives et politiques
arbitraires. Ils ont par conséquent recommandé l’élaboration d’un guide
juridique de ces organisations et sa diffusion à l’échelle
internationale, afin de les faire connaître et d’assurer leur
protection.
4-Les
participants ont mis en relief la situation dramatique des ONG
humanitaires dans plusieurs pays arabes et musulmans, à cause des
restrictions aux libertés démocratiques, qui ont quelquefois jeté le
discrédit sur l’action humanitaire et de bienfaisance. Aussi
condamnent-ils ces restrictions et réclament-t-ils l’instauration des
libertés démocratiques, lesquelles favorisent l’efficacité de l’action
humanitaire et de bienfaisance.
5-Ils ont
appelé à l’intensification de la coopération entre ONG humanitaires et
de bienfaisance, et à la coordination de leurs activités par la création
d’un « Bureau international des ONG humanitaires » et l’échange
d’informations et d’opinions par le biais de différents supports,
dont l’Internet.
6- Les participants, après avoir procédé à un tour d’horizon des différents
problèmes, ont mis au point un projet de déclaration internationale
spécifique aux droits et aux responsabilités des individus et groupes
travaillant dans le domaine humanitaire et de bienfaisance. En tant que
première référence en la matière, cette déclaration sera discutée à
travers les canaux spécifiques avec les ONG absentes et les
organisations internationales concernées par son adoption par
l’Assemblée générale des Nations unies. Ceci établira l’identité
juridique et symbolique de ces organisations, définit leurs droits et
leurs devoirs, et assure leur protection et celle de leur personnel, en
vue de la poursuite de leur objectif au service de l’humanité.
Le Bureau
international des ONG humanitaires est composé des personnes suivantes :
1. Abdel Rahim Sabir (USA)
2. Abu Elbeh Abla (Palestine)
3. Abu Harthieh Mohamed (Palestine)
4. Al-Ahmary Mohamed (USA)
5. Al-Sady Wathab (Irak)
6. Alsalim Adel (Arabie saoudite)
7. Elwahibi Saleh (Arabie saoudite)
8. Jaffé Hélène (France)
9. Kadur Monica (Allemagne)
10.
Kouyate Oumou (Côte-d’Ivoire)
11.
Mahmoud Jemilah (Malaisie)
12.
Manna Haytham (Syrie)
13.
Medrano Célia (Salvador)
14.
Muler Eugen (Suisse)
15.
Nueimi Abdelrahman (Qatar)
16.
Ould Bettah Mahfoudh (Mauritanie)
17.
Ozkaya Mustafa (Turquie)
18.
Souleih El-Mustafa (Maroc)
19.
Vittori Jacques (Suisse)
Afin d’accomplir les missions qui lui
incombent et relatives au fonctionnement, la structuration, la
communication et
l’informatisation, le bureau collabore
directement avec MM. Munir Idaibes (Jordanie), Haitham Maleh (Syrie),
Issam Younes
(Palestine), Salah Eddine Foumi (Turquie), Jean-Claude
Ponsin (France), Kassem Aina (Liban), Saad El Nounou (Suisse), amal
Mekni (Espagne), Khaled Diab (USA
Retour |