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le
gouvernement britannique a annoncé, lundi 9 février, qu'il allait
débloquer 40 millions de livres (près de 50 millions d'euros) pour
venir en aide aux associations caritatives, victimes collatérales de
la crise économique. D'après une étude, citée par le
Guardian,
les associations anglaises auraient perdu 13 % de leur patrimoine
depuis un an. La morosité économique a entraîné une baisse des dons,
qui contraint des associations bien établies comme Shelter, qui
vient en aide aux sans-abri, ou la NSPCC, une association de
protection de l'enfance, à licencier.
Comme le
relève Stephen Bubb, président de l'association anglaise des
responsables d'associations caritatives, cette somme allouée par
l'Etat ne suffira pas : "les petites associations qui aident les
gens qui ont perdu leur emploi retourneront voir le gouvernement
pour lui demander comment il peut les aider". Les 40 millions de
livres pèsent en effet bien peu à côté des 500 milliards mobilisés
pour sauver les banques.
Si la
France s'est inspirée du plan britannique d'aide aux établissements
bancaires, un plan d'aide au milieu associatif n'a pour l'instant
jamais été évoqué. Pourtant, les associations ressentent déjà les
premiers effets de la crise financière. Dans un
sondage
réalisé par l'IFOP en octobre, 50 % des personnes interrogées
déclaraient avoir donné de l'argent à une association lors des douze
derniers mois. En juillet 2008, ils étaient 56 % à avoir donné sur
la même période. Plus inquiétant : la moitié des personnes
interrogées n'avaient pas l'intention de donner cette année,
justifiant cette décision par un manque de moyen "en raison de la
dégradation de [leur] pouvoir d'achat".
INQUIÉTUDE CHEZ LES ASSOCIATIONS FRANÇAISES
"Les
dons privés n'ont pas diminué mais, déjà, les partenariats avec les
entreprises se sont réduits, certaines sociétés partenaires se sont
désengagées, nous obligeant à revoir nos projections, note Floriane
Cutler, de l'association Aides. On est très inquiets, même si pour
l'instant on est pas en panne de financement. Quand on voit que
l'Etat mobilise tant de milliards pour sauver les banques, tant de
milliards pour sauver Airbus... Il pourrait sans doute s'inspirer de
ce plan britannique."
D'autres
associations ont déjà lancé un appel à l'Etat. "Nous avons mené des
démarches communes avec Les Restos du cœur, avec la Croix-Rouge,
avec la Banque alimentaire, explique Julien Lauprêtre, le directeur
du Secours populaire. Nous sommes allés dans les ministères pour
leur expliquer qu'avec la crise nous avions 20 % de personnes
supplémentaires en demande d'aide et qu'il nous fallait de l'argent,
et des moyens. Nous sommes actuellement en pourparlers." Pas de
vaste plan d'aide, donc, mais peut-être un "coup de pouce". En
attendant, il s'agit pour les associations de ne pas "baisser les
bras". "Récolter de l'argent est devenu difficile, les gens sont
moins réceptifs aux sollicitations. Mais il faut continuer, innover,
trouver de nouveaux moyens de faire entrer les sous... On s'est
mobilisés, on a fait des braderies et pour l'instant, nos finances
sont plutôt meilleures que l'an dernier."
LEMONDE.FR | 10.02.09 | 11h59 • Mis à jour le 10.02.09 | 17h07
Le
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