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LE MONDE
i tout va
bien, Fatima (les prénoms ont été modifiés) fêtera la fin du ramadan
"dehors", en famille. En attendant sa prochaine libération, cette
détenue de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) prie et
jeûne en cellule. "Je conserve la nourriture du midi et du soir dans
les raviers et je romps le jeûne le soir vers 19 h 40,
explique-t-elle. J'insiste toujours pour que la Française qui est
dans ma cellule partage ce moment avec moi, sinon c'est trop
triste."
Noura, cette année, ne jeûne pas. Mère d'un
nourrisson né en prison, elle l'allaite et s'alimente donc
normalement. "Beaucoup des femmes que je rencontre ne peuvent pas
suivre le jeûne, indique l'aumônière musulmane, Samia Naït-Kaci,
elles sont souvent sous traitement médical."
"ORGANISATION HUMANITAIRE"
Durant cette période, la "cantine" de
la prison, où les détenues peuvent acheter de quoi compléter leur
ordinaire, s'étoffe de produits halal. Pourtant, la distribution de
colis alimentaires organisée ce jour-là par le Secours islamique
France (SIF) attire un flot continu de détenues, musulmanes ou non.
Entassés dans une petite pièce, les 340 sacs remplis de gâteaux, de
fruits secs, de jus de fruits, de charcuterie halal et d'enveloppes
timbrées, sont remis à chacune. En anglais, en espagnol et en
français (60 % des détenues sont étrangères), les responsables du
SIF expliquent leur présence : "Nous sommes venues partager le
ramadan avec vous. C'est un peu notre Noël à nous."
Certaines
profitent de la présence de l'aumônière pour s'attarder et dire deux
mots de leurs besoins religieux, réclamant un tapis de prière, des
cassettes de lecture du Coran ou un foulard islamique, dont le port
est interdit dans les parties communes de la prison.
Présent
depuis quatre ans dans les prisons à l'occasion du ramadan, le SIF,
pour la première fois, entend toucher l'ensemble de la population
carcérale. Jusqu'alors, seuls les jeûneurs et les indigents étaient
concernés. "Nous sommes une organisation humanitaire, pas
confessionnelle", insiste Khadija Edom, l'une de ses représentantes.
L'ONG
reconnaît toutefois que plus de 20 % des dons reçus pendant l'année
(10 millions d'euros en 2006) sont collectés durant le ramadan,
période propice aux offrandes. L'aumône versée pendant ce mois est
en effet considérée, selon le Coran, comme "la meilleure".
Les 5 euros
du zakat al-fitr, le don qui marque la fin du ramadan, permettent de
financer divers projets en France. L'ONG appo rte aussi de l'aide
aux étudiants, "une population de plus en plus pauvre", selon un
responsable, et lancera au début de l'hiver sa campagne de
distribution de repas aux SDF.
Stéphanie Le
Bars
Article paru
dans l'édition du 09.10.07
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08.10.07 | 15h18 • Mis à jour le 08.10.07 | 15h18
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